Bon beh aujourd'hui, j'ai pris mon courage à 2 mains et décidé d'aller remettre une nouvelle lettre écrite par mes soins à mon proviseur adooooré !!! Le pauvre ne va pas etre déçu !!! Pour tous ceux qui n'ont pas pu assister à la lecture à haute voix de Hélène, voilà le texte intégral de la lettre !!!
Monsieur le Proviseur,
Ne croyez pas que j'écris cette lettre pour vous harceler ou pour régler mes comptes avant de disparaître définitivement de votre vie. Ceci n'est donc ni un réquisitoire à l'encontre de votre lycée, ni un pamphlet cherchant à humilier qui que ce soit mais bel et bien le fruit de mon expérience au sein de votre établissement pendant quasiment un an et demi. Comme vous vous en doutez, cette expérience a été particulièrement négative et ma lettre ne sera peut-être pas forcément agréable à lire mais je tenais à l'envoyer afin que vous connaissiez le fond de ma pensée sans avoir recours à l'implicite comme dans mon premier courrier.
J'en profite donc pour revenir quelques instants à ma précédente lettre. Je tiens à préciser qu'elle avait une visée purement comique et originale et que rien ne laissait présager une telle réaction de la part de gens adultes et intelligents. Mais peut-être la susceptibilité de certain(e)s a t'elle été touchée ? N'étant pas d'un naturel susceptible, c'est quelque chose que je ne peux pas comprendre mais sans doute ces personnes ont-elles leurs raisons ? Sachez tout de même qu'elle a eu sur moi des bienfaits psychologiques non négligeables et que, encore aujourd'hui malgré les conséquences fâcheuses que son envoi a pu avoir, je ne regrette pas de vous l'avoir transmise. Cependant, j'ai vraiment du mal à comprendre comment des professeurs peuvent chercher à nuire volontairement à un élève. Le rôle de l'école n'est-il pas au contraire d'offrir une chance à chacun ? J'en conclus donc que je suis tombé sur des personnes taraudées par un profond mal-être dissimulé sous un vernis de bonne humeur qui aurait tendance à se craqueler lorsqu'elles sont touchées dans leur amour propre. En effet, on est en droit de s'interroger sur les compétences pédagogiques d'une personne qui prend un malin plaisir à rabaisser autrui pour pouvoir se mettre en valeur ... Je pense évidemment à Mme Gauthier en écrivant ces lignes. Fort heureusement, je tiens à préciser que cette lettre n'est pas généralisable à tous les professeurs. Ainsi, je tiens à nouveau à remercier Mme Roblain et M Drobinsky pour tout ce qu'ils ont fait pour moi.
Cela nous amène à la question primordiale que je me pose et qui est la suivante : « Pourquoi l'administration de votre lycée ainsi que certains professeurs sont-ils aussi hautains à l'encontre des jeunes mais aussi de leurs parents ? ». Pensez-vous que mettre une telle barrière, un tel fossé entre les élèves et leurs professeurs ait un quelconque effet sur les résultats scolaires ou le comportement de vos élèves ? Pensez-vous que ceci ait une quelconque incidence sur le prestige de votre établissement ? Je vous laisse le choix de vos réponses mais je tiens à préciser que j'ai découvert bien plus d'humilité et de modestie chez vos « confrères » du lycée Schweitzer ou encore de la Sorbonne dont la réputation n'est pourtant plus à faire. Tout comme Rousseau dans Emile ou De l'éducation, je pense sincèrement qu'un système rigoriste nuit fortement à l'épanouissement personnel, mais aussi scolaire, de l'élève. La pédagogie ne préconise-t-elle pas l'écoute et la compréhension des élèves (en difficulté) ?
C'est cette qualité d'écoute qui manque cruellement à votre établissement. Le lycéen, comme l'élève de prépa finalement, est traité sans aucune considération ... Il n'a pas son mot à dire et c'est pourquoi, dans mon premier courrier, j'ai eu recours au mot « prison » pour qualifier votre établissement, ce qui m'avait d'ailleurs été reproché. Je ne m'arrêterai pas aux éléments « visibles » (carte à l'entrée, sonnerie, « rondes » des surveillants, carré « fumeurs », interdiction de téléphoner ...) qui m'étaient totalement inconnus en arrivant en Seine-Saint-Denis mais qui semblent être monnaie courante dans les établissements de banlieue parisienne. J'aimerais donc vous rappeler un épisode qui m'a profondément marqué et que l'on pourrait rapprocher de certaines brimades policières. Ainsi, au mois de juin 2005, deux autres « étudiants » (Adrien Fontaine et Sandrine Hassan) et moi-même avions été convoqués par le Proviseur adjoint de l'époque, M. Lecose, et Mme Gauthier. Ceux-ci nous ont fait patienter pendant près de deux heures dans la salle d'attente, sans aucune explication ni excuse ! C'est évidemment une situation devant laquelle on ne peut que s'indigner. Est-ce vraiment la meilleure manière pour un chef d'établissement d'asseoir sa suprématie ?
De plus, le fait d'essayer d'empêcher les élèves de faire grève l'an dernier est pour moi une atteinte grave aux libertés du lycéen d'autant plus que leur mécontentement était parfaitement justifié au vu des textes Fillon. Je ne trouve pas de mot pour qualifier un tel comportement si ce n'est peut-être en détournant l'expression de George Orwell : « Big Proviseur is watching you ! ». Quoique. Est-ce vraiment le proviseur qui tire les ficelles dans cet établissement ? Ne se laisse-t-il pas plutôt manipuler par « l'intelligentsia boullochienne » (pour reprendre l'expression d'un de vos anciens professeurs) en manque de pouvoir ? Vous êtes le seul à pouvoir y répondre mais croyez-moi, vous aviez l'occasion de prouver au moins une fois que vous aviez un minimum d'autorité sur votre corps professoral ... Vous avez laissé passer cette occasion !
Veuillez accepter, Monsieur le Proviseur, mes v½ux de bonne année les plus sincères. (Il faut reconnaître que la prépa laisse quelques traces d'hypocrisie par ci par là mais à qui la faute ?)
Je reconnais qu'il y a nettement moins d'humour que dans la première lettre que je lui avais remise mais ma mère m'a expliquer qu'il fallait parfois etre sérieux pour se faire entendre !!! Voilà donc une lettre sérieuse meme si je pense pas que j'arriverai à me faire entendre !!!